INTROIT
Cette
messe doit parvenir à toutes les mains, à tous les yeux, à toutes les
oreilles. Musique et parole s’unissent dans la clameur la plus
passionnée, la protestation la plus profonde et le témoignage le plus
dur sur la réalité des peuples qui luttent pour un monde meilleur. Au
long de cette messe, on passe de la tendresse à l’éclair, du cri au
murmure, dans la palpitation d’une musique que son écho antique ne rend
pas moins moderne et dont les accents populaires sont uniques.
La forêt, en entendant cette messe, se change en cathédrale, les volcans en grands prêtres, le soleil en hostie sainte, et par leurs orgues de flûtes de cristal, les cataractes répètent le chant d’oiseaux merveilleux, de forêts impénétrables, de fleuves mystérieux et turbulents. C’est de tout cet univers magique que surgit cette messe qui recueille, en plus de de cet enchantement de la nature, la douleur d’un monde en qui se joueront, et sont en train de jouer déjà, les destins de l’homme de notre Amérique.
Miguel Angel Asturias
Prix Nobel de littérature en 1967.
LA CREATION DE L’OEUVRE en 1973 :
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KYRIE : rythme de Vidala du Nord de l’Argentine, issu d’une fusion entre la culture hispanique et amérindienne.
CREDO : rythmes de Chacarera et Zamba argentine en alternance qui proviennent de la province de Santiago Del Estero et de Tucuman.
AGNUS DEI : la Guarania est une forme musicale originaire du Paraguay, inventée par le Maestro José Asunción Flores.
SANCTUS : la Guajira est un des rythmes les plus populaires de Cuba, d’influence afro-hispanique.
GLORIA : Polka paraguayenne ; ce rythme apparaît au 19ème siècle. Madame Lynch, la femme du président de la République de l’époque, étant d’origine irlandaise, souhaitait ardemment danser la Polka au cours des bals de la présidence. Suite à ses demandes, les musiciens autochtones ont recréé cette danse européenne en lui donnant les accents et les syncopes typiquement paraguayens.
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